Publié dans Chronique

Comprendre l’industrie de l’anime: faire un anime, qu’est-ce que ça implique ?

Avec les cours qui reprennent pour la Zone A, je ne vais pas pouvoir poster aussi régulièrement que pendant les vacances ! Pour vous occuper un peu jusqu’à un article digne de ce nom, j’en reposte un venant de mon ancien blog.

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Aujourd’hui, on va se pencher sur l’industrie de l’anime: pourquoi on fait des anime, qui décidé de les faire, pourquoi, sous quelles circonstances ils sont produits, quand et comment on décide de faire une suite,… Si vous traînez par ici, j’imagine que vous consommez pas mal d’anime, et je pense qu’il est toujours intéressant d’en savoir un peu plus sur ce qu’on regarde, de savoir l’envers du décor. Aussi, dans cet article je compte parler de choses qu’il est bon d’avoir à l’esprit quand on critique un anime et/ou qu’on en réclame une saison supplémentaire. Ce genre de choses !

Anime = grosse pub (ok pas TOUS les anime mais une grande partie)

C’est quelque chose dont on ne se rend pas toujours bien compte, pourtant…
la plupart des anime sont adaptés soit d’un manga, d’un light novel, ou encore un jeu,… Pourquoi à votre avis ? Bah oui, pour promouvoir l’œuvre dont il est adapté, tout simplement. Au final, un anime, c’est un peu une méga publicité pour un médium déjà existant.Par exemple; on fait un anime pour booster les ventes d’un manga en cours de publication, pour promouvoir un jeu qui ne va pas tarder à sortir, pour faire du bruit autour d’une série de light novel qui va toucher à sa fin,…

Des fois, on croit à tort que les studios d’animation sont libres de décide ce qu’ils vont produire, alors que ça se passe légèrement différemment;
comme dit plus haut, on a un médium déjà existant, un manga par exemple. C’est la maison d’édition de tel ou tel manga qui va contacter un studio et leur « commander » un anime, selon le budget ils commandent un certain nombre d’épisodes, sous l’un ou l’autre format. Le tout accompagné d’exigences, d’un genre de « cahier des charges » que le studio se doit de respecter, ce qui l’empêche bien souvent d’adapter l’œuvre comme bon lui semble. Les studios n’ont pas toujours la liberté qu’ils aimeraient avoir sur les séries qu’ils adaptent.

On retiendra donc que le but des adaptations (ou d’œuvres originales basées sur un médium déjà existant), c’est de promouvoir le support original, de lui ramener un nouveau public, et un peu de popularité.

Ce petit système, c’est bien quand on parle d’adaptation d’œuvre déjà achevée; on est sûr d’avoir une fin correcte, on est sûr d’avoir une fin tout court !
Quand un studio adapte d’une œuvre en cours, il ne sait jamais si oui ou non l’anime va être rentabilisé, s’il y aura le budget pour une saison suivante, ni même s’il y aura un quelconque intérêt à faire une suite. Du coup, on se retrouve avec des fins ouvertes, des fins qui donnent envie aux spectateurs d’en savoir plus en achetant le support original, et souvent ça marche!, parce qu’on est jamais certain d’avoir la suite en anime un jour. (Les fins ouvertes c’est aussi une façon de préparer le terrain pour une éventuelle suite.) Pire encore, des fois il n’y a pas de fin du tout; prenons l’exemple de l’anime Umineko no naku koro ni. Il s’achève sur tout un tas de questions sans réponses, et comme l’anime s’est avéré être un échec commercial, à moins de se procurer l’œuvre originale, les spectateurs n’auront jamais les réponses qu’ils attendent.
Puis des fois, les studios se voient donner un certain nombre d’épisodes pour adapter une œuvre encore en cours mais trop courte!, donc on adapte ce qu’il y a à adapter, et après on improvise, pour le meilleur comme pour le pire. C’est ce qu’il s’est passé pour la première saison de Kuroshitsuji; la maison d’édition avait demandé 24 épisodes mais la publication du manga n’était encore pas bien avancée, donc fût un moment où le studio a dû inventer sa propre histoire pour continuer l’anime.

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Et c’est franchement parti en couilles.

Bref, le fait qu’un anime soit avant tout une pub, en soi, c’est pas forcément un problème,
mais le plus important est toujours de pousser les gens à acheter l’œuvre originale, et des fois la qualité passe à la trappe.
Fin bâclée, histoire qui prend une direction différente de celle du support originale,… suite très attendue mais qui n’arrive jamais,…

Tiens, d’ailleurs, un de mes anime préférés, Suzumiya Haruhi no Yuutsu, illustre ça plutôt bien! C’était un anime qui marchait bien, très bien même, et encore maintenant, les fans les plus fidèles tueraient pour une troisième saison. Mais comme il n’y a plus de support original à promouvoir, personne dans l’histoire n’y gagnerait quoi que ce soit,
et comme l’auteur n’est pas prêt de reprendre l’écriture des light novel, il n’y aura sûrement jamais de suite.

Maintenant que vous savez tous ça, j’espère que ça vous aide un peu mieux à comprendre pourquoi:
on peut qualifier les adaptations de « publicité »
parfois les anime peuvent différer de leur support original (des fois on est obligé d’improviser, ou de faire selon ce que la maison d’édition ou peu importe qui « commande » l’anime demande et impose, et il y a d’autres fois où plein de détails passent à la trappe parce que, même si on aimerait bien adapter une œuvre le plus fidèlement possible, on a un budget et un format a respecté qui font que certains éléments de l’histoire sont parfois un peu rushés,…) (un épisode d’anime représente déjà à lui seul une somme astronomique, rares sont les studios qui peuvent se permettre de faire autant d’épisodes qu’ils le souhaitent)
on peut jamais être sûrs tout de suite après la fin d’un anime si oui ou non il aura le droit à une suite (est-ce que oui ou non on a réussi à rentabiliser l’anime, est-ce qu’il y a quelque chose à promouvoir, est-ce que ça va vraiment faire un profit,.. plusieurs facteurs entrent en compte)

[Notez aussi que chaque « suite » a beau être la continuation d’un anime, c’est une production, un projet, totalement à part. Comme dit, c’est jamais automatique, on est jamais sûrs qu’un anime aura une ou plusieurs suites. Les attentes et les objectifs seront différents, de même pour le budget, et souvent le format. Dans certains cas, le studio ne retire plus rien de l’adaptation et refusera de produire une saison suivante. Du coup, parfois, les suites passent entre les mains d’un studio différent de celui qui avait produit la première saison!]
[Si un studio veut pouvoir se permettre de faire une suite, il faut que l’anime soit rentable; pour ça, on se repose surtout sur la vente des DVDs, et sur les « otaku », un public souvent déjà assuré, qui achètera le moindre produit dérivé. Certains visent plus haut et veulent que leurs anime atteignent une audience « mainstream ». Le jackpot, c’est quand l’anime s’exporte et touche un public international.]

 « D’abord, vous me forcez à dessiner une conclusion pour l’anime (le film), et maintenant, sans vous gênez, vous me dites qu’il va y avoir une nouvelle saison… Vraiment ?! Cependant, ça me convient du moment que ça m’aide à vendre plus de tomes. Impatient de voir l’anime ~ »

Hideaki Sorachi, à propos de la nouvelle saison de Gintama

« Mais il y a bien des anime originaux, qui ne sont pas des adaptations ! » Très juste ! Ca existe; prenez Psycho-pass, Mawaru Penguidrum, Zankyo no Terror, ou encore AnoHana. Avant la production de ces anime, il n’y avait rien, pas de support déjà existant, ce sont des « œuvres originales », qui ne partent de rien. Leur but n’est en aucun cas de vendre un quelconque produit, et
au final, c’est peut-être bien ça leur seul problème.

Les œuvres comme ça, on les aime bien, on aimerait en voir plus, mais c’est encore plus dur à financer qu’une adaptation, ça demande un budget monstrueux, et on est même pas sûr que tout ce qu’on investit sera rentabilisé un jour. Pas évident pour tous les studios de se payer le luxe de produire deux saisons de Space Dandy, par exemple !

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Tout ce que les studios peuvent espérer quand ils produisent un anime original, c’est qu’il marche bien, que les DVDs (et les produits dérivés) se vendent.

Cet article touche à sa fin, et j’espère qu’il vous a plu!, même si j’imagine que vous êtes nombreux à déjà le connaître. Si ce genre d’articles sur l’industrie de l’anime vous plait, hé bien tant mieux!, parce que je pense en écrire encore quelques uns dans le même genre. Stay tuned !

3 commentaires sur « Comprendre l’industrie de l’anime: faire un anime, qu’est-ce que ça implique ? »

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